samedi 5 juin 2010

Le contraire de la mort de Roberto Saviano

Scènes de la vie napolitaine.





C’est la première de deux nouvelles qui donne le titre à ce recueil, le sous-titre indiquant bien que l’auteur écrit sur sa région natale, le Sud  de l’Italie.

Le contraire de la mort, ce n’est pas la vie, mais l’amour. Dans le premier de ces récits, il s’agit de l’amour que porte Maria, jeune fiancée veuve avant  même d’avoir rejoint l’autel au bras de Gaetano. Gaetano, comme beaucoup d’autres jeunes gens de sa région, s’est enrôlé dans l’armée, non pas par patriotisme, mais tout simplement parce que c’est la seule chose à faire pour échapper au chômage.  Il est parti pour l’Afghanistan, mais n’en est pas revenu vivant.

La deuxième nouvelle, « La bague » nous retrace aussi une guerre  : celle qui hante Naples , celle de la Camorra. Dans ce climat de violence qui semble incompréhensible à qui n’est pas de cette terre, Roberto Saviano nous relate la mort de Giuseppe et Vincenzo, jeunes ouvriers à la peine pour un salaire de misère, assassinés dans un conflit qui n’était pas le leur.

Extrait de la nouvelle « Le contraire de la mort » :
Autour de Maria, personne ne se demande comment cela est arrivé ni pourquoi. Tout arrive parce que çà doit arriver. On subit et on tire ce qu’on peut de ce qu’on a subi. On tire ce qu’on peut de ce qui nous est échu, mais on ne pourra jamais choisir quelle obole quémander à la malchance, et ce qui s’abat sur nous, ni comprendre pourquoi. Et la colère, la douleur, semblent avoir leur source précisément là, quand on découvre qu’on n'en retirera aucun bénéfice.

Une écriture minimaliste, deux nouvelles façon « coup de poing ». 

Deux récits poignants, d’autant plus crédibles que l’on sait l'auteur condamné à mort par la Camorra suite à la parution de son précédent  livre « Gomorra »

Je suis souvent perplexe face aux recueils de nouvelles dans lesquels je cherche  frénétiquement le lien qui unissent  ces récits dans l’esprit de leur auteur au point de vouloir en faire un seul ouvrage. Nul doute de ma part ici : résistance et amour face à la guerre, quelle qu’elle soit.


Et moi qui ne porte souvent aucune attention aux citations en tête de livres,  je me suis véritablement  arrêtée sur celles qu’a choisies l’auteur, car elles portent l’intensité de ce recueil :

Tu pleures seulement si personne ne te voit
Et tu cries si personne ne t’entend,
Car le sang qui coule dans tes veines
N’est pas de l’eau,
Carmela, Carmè,
Et l’amour est le contraire de la mort.
Sergio Bruni

**************

S’il faut donner son sang,
Allez donner le vôtre,
Vous êtes bon apôtre…
Boris Vian.

Et cette dédicace :
A Vincenzo et Pietro,
Que la terre vous soit légère.


Ce recueil était au pied de mon sapin à Noël . Mais pourquoi l’ai-je laissé dormir sous ma PAL pendant plus de cinq mois ? ! ! !

Pas de billets trouvés sur le Net … 
Je me propose d’en faire un livre voyageur, car il est vraiment, vraiment, à découvrir.

 Editions Robert Laffont - 88 pages intenses !

4 commentaires:

Clara a dit…

Des nouvelles? dommande qu'elles n esoient pas en poche...

La Pyrénéenne a dit…

J'essaie d'être un peu raisonnable car avec la saison qui avance , je vais avoir de moins en moins de temps pour lire !

niki a dit…

j'ai aussi essayé d'être raisonnable en vidant ma PAL, et puis j'ai mis les pieds dans une librairie durant mon court séjour en angleterre !
pourtant ce livre-ci m'intéresse beaucoup, je l'avoue

Cécile a dit…

@Clara : j'en fais un livre voyageur, profites-en !

@Véro et Niki : c'est de ma part une proposition très raisonnable : il ne fait que 88 pages, et je l'ai lu un soir où j'avais oublié ma lecture en cours au bureau ! Laissez-vous tenter, il vaut vraiment la peine...